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Quelles opportunités nous offre notre monde en pleine effervescence en ce début de XXIème siècle ?

Lorsque je reçois les vœux de bonne année, j’apprécie particulièrement que ceux ci, en plus d’être personnalisés, me fassent réfléchir, prendre du recul….

Mais à ce point là, c’est du grand art, si bien que j’ai demandé à leur auteur, Stéphane Delbecque, l’autorisation de vous les partager.

Je vous livre à sa prose, à sa réflexion, et vous souhaite à mon tour une année pleine de merveilles.

stephane delbecque

Alors, chers amis, quelles opportunités nous offre notre monde en pleine effervescence en ce début de XXIème siècle ?

 

Écrasement du temps :
n’avez-vous pas la perception que le temps va de plus en plus vite ?

Au XIXème siècle, les hommes attendaient le paradis pour être heureux, au XXème siècle, ils se sont mis à attendre la retraite, les prochains congés payés puis le prochain WE ou la prochaine RTT…

Aujourd’hui, chacun veut en profiter tout de suite et un sentiment d’urgence envahit notre quotidien. Comme le disait Jean-Louis Servan-Schreiber, on ne va pas plus vite mais on continue d’accélérer. Les produits technologiques se renouvellent de plus en plus vite, la série TV sortie outre-Atlantique est disponible en streaming sous-titrée dès le lendemain, l’information devient directe et immédiate au risque d’oublier la nécessaire prise de recul.

Dans le quotidien de nos entreprises, il en va de même, le rythme du business s’accélère et la patience n’est plus de mise: il faut innover plus vite, prendre la concurrence de vitesse, l’heure est à la synthèse, au survol et à la décision toujours plus rapide (remarquez, certains chercheurs arrivent bien à résumer en 3mn le travail de toute une année…)

Dans cette immédiateté galopante, puis-je vous souhaiter de savoir prendre du temps (le temps qu’il faut) pour vous et pour vos proches ?

 

Simultanéité :
mais pourquoi faut-il toujours tout faire en même temps ?

Osez oser heureCela fait déjà quelques années que le séquencement a laissé la place à la simultanéité : l’apprentissage procède plus aujourd’hui du butinage de savoirs et de la reconstitution d’un puzzle que d’un enseignement chronologique.

Combien de fois
sommes-nous amenés à être au même instant à la fois sur une activité, connectés sur nos réseaux sociaux et sur nos messageries ? Certaines sont d’ailleurs appelées « instantanées », c’est tout dire ! Et s’il n’y en avait qu’une !… SMS, Whatsapp, Hangout, Snapchat…

Dans nos entreprises, la même tendance se fait jour : on ose désormais lancer tous les changements en même temps (d’ailleurs avons-nous le choix ?) et poursuivre tous les objectifs également: réduire les stocks ET accroître la disponibilité, faire mieux ET moins cher, réduire les effectifs ET accroître la qualité, donner toujours plus l’initiative ET contrôler toujours davantage, …

 Et vous ? Puis-je vous souhaiter d’apprécier le plus souvent possible d’être présent à l’ici et maintenant de votre vie ?

 

Porosité des frontières:
n’est-il pas utopique de penser qu’il n’y a plus de limite ? (à notre liberté ? à notre toute-puissance ?)

A l’instar des frontières physiques dont certaines disparaissent progressivement, les frontières qui balisaient traditionnellement nos existences deviennent de plus en plus poreuses : l’adresse électronique prend bien souvent le pas sur l’adresse physique, le monde virtuel envahit notre quotidien (jeux, rencontres sur les réseaux…), les notions de droit s’évaporent (la musique est payante mais accessible librement, la responsabilité de chacun se dilue dans celle de la majorité…) tout comme les notions d’autorité (familiale, politique – le président « normal » et « casse-toi pauv’con » -, hiérarchique…) et même les notions d’identités (débat sur le genre, sur le mariage pour tous, sur l’homme augmenté…).

Les frontières disparaissent aussi dans nos entreprises : les espaces et les temps alloués au travail et à la vie privée se mélangent (on parle maintenant de « blurring ») et cela fait déjà longtemps que le management est devenu matriciel, partagé, fonctionnel bref « transverse » et que les attributs du chef sont dispersés : le pouvoir hiérarchique, celui d’allouer des ressources, l’expertise, la détention de l’information sont souvent répartis sur plusieurs personnes et ne sont désormais plus l’apanage d’un unique responsable… à qui il ne reste que le leadership « naturel » (!).

Le cadre n’aurait-il plus de cadre ? J

 Dans cet univers sans frontière, puis-je vous souhaiter d’avoir des ancrages personnels suffisamment profonds pour discerner le (votre) bon chemin ?

 

Expérimentation:
notre monde n’est-il pas de plus en plus sensible aux émotions vécues ?

Regardez autour de vous : les films sont toujours plus sonores et rythmés, les livres plus débridés, les plats cuisinés plus relevés (peut-être certains pensent-ils comme la chanteuse Stéphanie Sorel que si leur vie n’a pas de sens, autant qu’elle ait du goût ?), les sports sont plus « frôle-la-mort » (basejumper en wingsuit et autres Felix Baumgartner), les loisirs plus originaux (loger dans un arbre ou une yourte, manger dans le noir… quand ce n’est pas réaliser sa « bucket list » comme dans le film « Sans plus attendre ») et la « télé-réalité » a désormais acquis ses lettres de noblesse. L’expérience et l’émotion prennent le pas sur le raisonnement et la logique et à force d’exacerber nos sens, nous sommes tous en train de devenir des Homo Eroticus comme le dit Michel Maffesoli dans son livre éponyme : nous vivons dans une société érotisée où la séduction et l’émotion ont désormais une place prépondérante.

En entreprise, les acteurs de la formation ont compris depuis longtemps la part de l’expérience personnelle dans l’apprentissage (les fameux 10-20-70). Et si nous savons séduire les jeunes diplômés pour les faire entrer dans nos entreprises, savons-nous aussi les faire « vibrer » pour qu’ils y restent ?

 Puis-je vous souhaiter en 2015 de retrouver le plaisir des choses simples… tout simplement ?

 

Règlementation envahissante :
est-ce la peur ? Ou la rançon du progrès ? Notre société légifère et contrôle toujours plus.

Que ce soit les caméras de surveillance ou les portiques écotaxe, les algorithmes Test osez oserde Google ou l’espionnage de la NSA, en passant par une législation qui se durcit toujours plus à chaque fait divers, nous vivons dans un monde de plus en plus sécuritaire (voire totalitaire ?). A l’opposé, on ne compte plus les Indignés, bonnets rouges, Anonymous et autres Zadistes qui refusent l’ordre imposé et envisagent le monde autrement (au risque là aussi d’aller vers les extrêmes).

Et dans nos entreprises, que pourrions-nous dire aussi de certains excès de reporting, de la contractualisation galopante, de l’invasion des processus, l’application de bonnes pratiques, des certifications, du lean, du six sigma, le tout appuyé par des progiciels toujours plus codifiés et structurants qui parfois nous feraient oublier l’article L4121-2 du code du travail: « Le travail doit s’adapter à l’homme, et non l’inverse » ? J

 Puis-je vous souhaiter de trouver cette année le bon équilibre entre organisation et lâcher prise et qui sait… oser parfois un petit grain de folie ?

 

Abondance de stimulations :
ne vivons-nous pas dans un monde hyperconnecté ?

Je crois que c’est Michel Serres qui le constatait: le trajet domicile travail ne s’est pas raccourci, en revanche, il est désormais occupé. Et on ne compte plus ceux qui remplissent la moindre parcelle de leur temps avec Facebook, leurs SMS, un jeu vidéo et autres armes de distraction massive (sur le quai du métro, dans les endroits retirés de la maison J… et même quand ils sont avec des amis… quand ce n’est pas en conduisant !).

Cela en devient d’ailleurs des armes de dispersion massive avec cette difficulté à être concentré sur UN sujet pendant UN temps unique: tout nous pousse à traiter plusieurs sujets en même temps et à devoir y revenir plusieurs fois, nous ne sommes plus unifiés, nous sommes éparpillés. Comme le disait Philippe Rodet, spécialiste du stress, nous observons aujourd’hui une augmentation colossale du nombre de sources de stress alors même que nos facteurs de protection (le sens et le lien social) diminuent. On ne s’étonne donc pas de l’accroissement inquiétant des burnout et autres épuisements professionnels. Et dans nos entreprises ? Ne croisons-nous pas trop souvent dans les couloirs des collaborateurs penchés sur l’écran de leur smartphone pour rentabiliser le moindre déplacement ou la moindre pause de leur emploi du temps ? (j’avoue, j’en suis parfois)

 Dans cette infobésité permanente, puis-je vous souhaiter de faire régime ? En sachant vous déconnecter…pour vous reconnecter à vous-même !

 

Niveau d’éducation croissant :
n’est-ce pas une autre caractéristique de notre société actuelle ?

La puissance militaire et la puissance économique traditionnelles ne sont-elles pas en train d’être supplantées par la « puissance éducative » ? N’est-ce pas en effet le niveau scolaire qui est désormais le Saint Graal de notre époque ? Et on assiste à la fois à une réelle démocratisation (technique) du savoir (au-delà de wikipedia, internet regorge de ressources éducatives, de « tutos », de dictionnaires, de forums, de MOOC accessibles librement) et en même temps à une course au diplôme qui peut laisser sur le bord de la route les plus démunis (les jeunes non qualifiés exclus du marché du travail, les seniors face aux technologies toujours plus complexes et bien sûr les franges les plus démunies de la population).

Et cet enjeu de l’éducation se retrouve dans le monde entier et on pense à la Corée du Sud avec le stress des élèves, au Nigeria avec Boko Haram (dont le nom signifie « L’éducation occidentale est un péché » !) et bien sûr aux prix Nobel de la Paix 2014 que sont l’indien Kailash Satyarthi et la pakistanaise Malala Yousafzai.

Cet accroissement du niveau d’études est pour le management de nos entreprises un vrai challenge : à la vitesse où évoluent les technologies, n’est-ce pas la première fois de notre histoire que certains jeunes qui rentrent dans l’entreprise en savent plus (techniquement) que ceux qui y sont déjà ?

 Puis-je vous souhaiter de garder toujours cette soif d’apprendre et de ne jamais cesser de vous émerveiller du monde qui vous entoure ?

 

Collaboration en pleine expansion:
le XXIème siècle sera-t-il 2.0 ?

heureux osez oserDepuis pas mal d’années en effet nous voyons l’émergence du co-co-co : on loue désormais collaboratif (airbnb), on co-voiture (BlaBlaCar ou Autopartage), on coopère sur des sites d’écriture communautaire (livre After de Anna Todd), on cofinance (Kiss Kiss Bank Bank), on co-développe en informatique (hackathon et logiciels open-source) ou on co-signe des pétitions qu’on a soi-même conçues (Avaaz). Cette façon d’appréhender l’activité irrigue toutes les sphères de notre société et on ne compte plus les AMAP, Disco soupes et autres « Machines du voisin ».

Nos entreprises ne sont pas en reste et leur vocabulaire révèle leur évolution : l’animation d’équipe devient désormais intelligence collective, la hiérarchie disparaît au profit de la pyramide inversée voire de l’entreprise libérée et le manager (jadis chef) se doit maintenant d’être leader !

 Dans ce monde collaboratif, puis-je vous souhaiter en 2015 toujours plus de partages et d’échanges véritables ?

Ébullition !
Les tempêtes qui agitent notre début de siècle trouvent sans doute leur origine dans les nombreux courants qui irriguent les profondeurs de notre société…

 

J’aurais pu tenter d’en cerner encore quelques-uns :

– élans “citoyens”: Ice Bucket Challenge de Pete Frates, Charlie…
– effondrement de la cohésion sociale traditionnelle au profit de communautarismes
– écologie émergente, prise de conscience planétaire, impact carbone et Jugaad…
– économie du don, psychologie positive, charte de la compassion…
– éthiques mondiales et conceptions du monde en confrontation
– écrasement des distances et explosion du lowcost
– …

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Dans votre quotidien, dans vos activités, dans vos relations, dans vos entreprises qu’elles soient professionnelles ou personnelles, décelez-vous d’autres évolutions de fond susceptibles de révolutionner profondément nos modes de vie ? *

En attendant, puis-je vous souhaitez de trouver dans tous ces courants la vague sur laquelle vous pourrez surfer pour aller plus loin ? J

 

Vous l’aurez noté, les grands courants humblement recensés ci-dessus sont souvent liés les uns avec les autres et les TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) en sont majoritairement la source ou au moins l’amplificateur.

Ce sont ces mêmes TIC qui me permettent aujourd’hui de vous partager mes vœux pour cette nouvelle année:

Écrasement du temps
Simultanéité
Porosité des frontières
Expérimentation
Règlementation envahissante
Abondance de stimulations
Niveau d’éducation de plus en plus élevé
Collaboration
Ébullition

Les initiales de tous ces grands changements forment un mot:

ESPERANCE

Neuf lettres pour un an neuf
Beau programme n’est-ce pas ?

C’est en tous cas ce que je vous souhaite pour cette année naissante.

Avec mes amitiés

 

Stéphane Delbecque

 

 

* N’hésitez pas à prolonger cette réflexion en l’alimentant de vos propres constats. Que ce soit par un échange de mails, autour d’un verre ou d’un déjeuner, je suis toujours preneur d’une discussion amicale… sur le temps qui passe !


 

 
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1 comment

  1. Xolali (Holali)

    Bonjour,

    Je dirai qu’il y a un changement de paradigme dans nos relations sociales.
    Nos nous satisfaisons de “j’aime” Facebook sans ne jamais voir les personnes derrière notre écran.
    Nous n’osons plus parler aux gens dans les transports car ils ont tous les yeux rivés sur leur smartphone.
    Nous devenons alors moins accessibles aux autres, ce que peut être très dangereux pour la suite.

    Cependant, je pense que nous vivons à présent dans l’ère de l’information et que celui qui la maîtrise le plus sera vraiment bien récompensé.

    Je prends par exemple votre blog osez-osez.com. Si vous arrivez à informer le maximum de personnes et qu’elles font confiance à vos services, vous serez forcément grandement récompensé et ce, à juste titre !

    Merci pour votre article en tout cas.

    Au plaisir de vous lire prochainement,

    Xolali.

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