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L’attente est parfois latente, mais l’attente n’est pas toujours le besoin…

… et parfois, attendre est nécessaire.

Bon et bien, tout est dit dans le titre je crois…

Juste pour le plaisir de la prose, j’épilogue un peu ?
Allez, c’est bien parce que c’est vous !
Ça commence souvent à peu près de la même façon, et cela se passe dans beaucoup de situations de la vie du quotidien.

Histoire d’un jour

123-RF2Vous vous rendez chez le médecin pour cette vieille douleur à l’épaule, celle que vous trainez depuis un moment.
Elle s’est installée de façon insidieuse, sans crier gare, vous vous êtes habitué à vivre avec.
Puis un jour, parce que la douleur n’est plus tenable, parce qu’un nouveau symptôme apparaît et vous inquiète, ou parce qu’un proche vous pousse, vous allez voir votre généraliste, enfin… !
Et vous lui demandez une crème pour calmer cette douleur.

Il vous ausculte, vous examine, et le diagnostic tombe : votre épaule va très bien. Mais vos cervicales battent la breloque, coincent et tirent sur les nerfs.
Le remède alors est la minerve, voire l’intervention.

Ah !!! Si seulement vous étiez venu plus tôt !

…Histoire toujours.

Il en va de cet exemple comme de bien des situations : une gêne, imperceptible, provoque une attente inconsciente, celle d’aller se soigner.
Mais comme nous ne nous écoutons que trop peu ou trop mal, nous remettons à plus tard.
Nous n’avons même pas conscience que nous souffrons.

Dans d’autres circonstances, c’est l’exemple de cette mère de famille qui doit gérer les conduites de ses enfants avec des horaires incompatibles. Elle s’organise tant bien que mal, sans prendre conscience qu’elle vivrait mieux les choses si elle pouvait commencer ne serait-ce que 30 minutes plus tard ce jour là.
C’est ce manager qui doit se débrouiller seul sans son chef. Mais c’est normal, ça a toujours été comme ça dans cette entreprise.
Et puis, un manager, ça doit savoir tout faire, c’est bien connu. Pourquoi attendre un coup de main de sa hiérarchie.

Attente latente : de l’attente inconsciente à l’attente consciente.

Le piège de ces situations, c’est que tant que l’attente n’est pas consciente, il ne peut pas y avoir de demande.
Or, notre niveau d’énergie, notre faculté à nous auto-manager, (auto-coacher, auto-motiver, auto-ce que vous voulez, rayez la mention inutile) dépend de la réponse à nos attentes.

Allez, un peu de formalisation et de théorie.

 

Attente Satisfaite

Attente Non Satisfaite

Attente consciente (exprimée)

Energie ++

Déception

Attente inconsciente
(non exprimée)

Energie +
(heureux hasard)

Frustration

Lorsque l’attente est inconsciente, si un heureux hasard de l’agenda permet à notre manager précédent d’avoir un coup de main, il en retirera certainement une satisfaction.
Que son N+1 s’occupe du dossier Castelorazur le soulagera, mais il se focalisera vite sur le reste, ne voyant peut-être même pas cette aide providentielle.
En revanche, s’il a eu l’occasion d’exprimer les choses, et que son manager accède à sa demande de façon concrète, cela représente un signe de reconnaissance tangible qui génère d’autant plus d’énergie. Il a conscience que cela lui apporte un soulagement et peut le prendre tel quel.

A contrario, si son N+1 n’accède pas à sa demande, gageons qu’il y aura déception. C’est humain.
Mais cela lui permet au moins d’acter qu’il n’y a pas de solutions ici, à ce moment, et d’agir en conséquences.

En revanche, avoir cette attente, ne pas l’exprimer, la vivre au quotidien et vivre tous les jours aux côtés de « l’autre là ! Celui qui reste dans son bureau »…
Il y a fort à parier que peu à peu, l’esprit de notre manager se focalise sur sa relation avec sa hiérarchie.
Au démarrage, cela passe par des réflexions au moment du coup de bourre. «Il n’est même pas venu nous aider, n’a même pas demandé comment ça s’est passé… ».

Et au bout de quelques temps, le ressenti grandit, la frustration s’installe. Tant et si bien que cela finit par accompagner notre manager jusque dans ses week-ends.

L’attente ou le besoin

123-RFCombien de fois je suis allé chez le médecin pour un mal de tête, et suis reparti avec des médicaments pour la gorge ou des vitamines. !?!
Là aussi, je croise souvent cette situation.

C’est ce manager qui souhaite envoyer son collaborateur sur une formation prise de parole en public, alors que le problème est un manque de confiance en soi. Ou l’inverse d’ailleurs.
Ou encore cette entreprise qui souhaite créer une cohésion d’équipe pour son comité de direction, alors que l’entente est bonne mais les process inadaptés….

Il y a décalage entre l’attente : progresser dans une situation, et le besoin identifié : l’erreur de diagnostic.

Ce phénomène peut être lié à plusieurs raisons.

Le manque d’écoute, de discernement.

Ce sont là les pièges de l’écoute projective : « tu as un problème, j’ai eu le même, un coaching m’a fait du bien, je t’envoie en coaching ».
Le conseiller transpose son expérience sur le besoin de l’autre.

Le manque de connaissance.

Par méconnaissance de votre environnement, votre interlocuteur vous propose une solution. Et parce que, vous non plus, n’y connaissez pas grand-chose en la matière, celle-ci vous semble cohérente.

  • « Tu sais, en ce moment, ça ne va pas avec mon boss, j’envisage sérieusement de partir, mais je ne sais pas quoi faire. C’est bête, j’aime bien mon boulot pourtant… »
  • « Tu devrais faire un bilan de compétences… »

Et voilà comment l’attente devient un besoin : j’ai besoin d’aide, de formation, d’un bilan, etc.
Et lorsque l’on creuse, un bilan n’est peut-être pas le plus approprié, ou ne répondra pas au besoin réel.

La difficulté à s’écouter.

Une question dont j’ai horreur pour ma part :
« Eric, de quoi as tu besoin dans cette situation ? »
Euhhhhhhhhhhhhhhhhhh !

En fait, j’en ai horreur car elle est redoutablement efficace !!!
Et me concernant, sa variante aussi : « De quoi as tu envie ? »
Je n’ai pas toujours la réponse à l’instant T, mais cela me pousse à être plus attentif à moi, plus en hygiène personnelle.

Attendre, un bon moyen de révéler l’attente

Reste à trouver comment passer de l’attente inconsciente à l’attente consciente.
S’il y avait un moyen universel, je vous le donnerais avec plaisir. Je ne l’ai pas trouvé, mais je suis preneur si vous en avez un.
Personnellement, ce qui m’aide, et ce qui aide aussi les personnes que j’accompagne, c’est parfois d’accepter de prendre le temps d’y réfléchir, et de laisser faire le temps.
Garder cette question en tête, en tâche de fond : « Qu’est-ce qui est important pour moi? », et de laisser venir les images, les ressentis.

Le temps est parfois le meilleur allié de l’attente.

C’est ainsi que certaines prises de conscience se déroulent en séance de coaching. Et les actions à entreprendre s’éclairent au fur et à mesure hors séance, en revenant dans le quotidien, en regardant la situation sous le regard de cette prise de conscience.

Clarifier ses attentes est déjà un premier pas, les traduire en besoin une avancée. Mais pour chacune de ces étapes, en parler et échanger, écouter et s’écouter permet d’avancer plus vite et plus sûrement.

 

Et vous, qu’attendez vous en ce moment ?
Que faites vous pour clarifier cette zone d’ombre qui vous gêne ?

PS : une référence littéraire s’est glissée dans le texte… la retrouverez vous ?

Crédit image: (c) 123RF.com

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