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Entre bons sentiments et précipitation…!

 

Aujourd’hui, ma fille m’a appelée en panique : « Maman, maman rappelle-moi c’est méga urgent ! ». Je venais d’entrer dans le hall de chez un client et j’avais vu mon portable s’allumer et le prénom de ma fille s’afficher… La consigne étant de n’utiliser que les sms et de garder les appels pour les vraies urgences (comme s’il y avait des urgences moins urgentes… bon bref !)…je rappelle tout de suite en souriant un peu bêtement et en m’excusant du regard auprès de la personne de l’accueil…

 

«    –    Allo ? Oui c’est maman ; que se passe-t-il ? Calme-toi, respire, je ne comprends pas ce que tu dis… Allez tu inspires, tu expires…vas-y raconte… 

      –  C’est la panique, Mélanie (sa copine étant restée dormir la veille) a oublié son déjeuner dans le frigo ! On n’a plus le droit de téléphoner dans 5 minutes ; je dois bientôt ranger mon téléphone; on ne pourra pas rappeler et ce midi, comment on va faire ? Maman s’il te plait, s’il te plait, tu peux aller chercher le repas de Mélanie et nous le ramener? S’il te plait maman ? Je suis vraiment désolée de te déranger…

    –  Et moi ça ne vous dérange pas que je n’ai plus le temps de manger avec tout ça… ? Bon ben calme-toi, je me débrouille mais tu diras à Mélanie que nous aurons une petite conversation !!! »

Et voilà, en quelques secondes, le tour est joué : la classe internationale de la gestion pourrie !
Ah, ah… ! J’aide les gens à se responsabiliser, à responsabiliser leurs collaborateurs, etc. etc. et je me débrouille plutôt bien d’ordinaire, si, si… ! Mais là, j’étais tombée dans le piège et en beauté !
Je m’étais pris pour le sauveur et, pleine de bons sentiments, et dans ma précipitation, j’ai même sauvé une victime qui n’était pas celle d’origine…

Eh oui, une victime peut en cacher une autre… !

Bien sûr, j’ai couru jusqu’à l’appartement pour le repas, puis couru jusqu’au collège pour amener le dit-repas et j’ai même connu l’immense privilège de prier le service d’accueil de bien vouloir m’excuser pour mon interruption intempestive…La petite touche finale à mon ego après les sourires contrits au client pour mon départ précipité…

Ah…, être parent, même par procuration, un sacerdoce… !

Mais oui, au fait, comment se fait-il que je me sente un brin en colère ?

Je me suis montrée utile ; elles n’auraient pas pu se débrouiller sans moi, c’est sûr !
Comme mon rôle est important… (je me rassure là… !)

Alors je décrypte mon malaise:

  • Je me suis toute excitée en 3 secondes, top chrono, pour un truc qui, somme toute, ne cassait pas 3 pattes à un canard,
  • J’ai répondu sans réfléchir à l’appel au secours de ma fille qui elle, avait son repas prévu à la cantine,
  • Je me suis culpabilisée de laisser tomber ses 2 pauvres ‘orphelines’ sans défense si je n’agissais pas,
  • J’étais en colère que Mélanie ne m’ait même pas appelée elle-même,
  • Je m’en voulais de ne pas avoir laissé le temps à Mélanie de trouver une solution elle-même ou bien même de me dire qu’elle attendrait le goûter pour manger…
  • J’avais abrégé ma visite chez mon client et étais repartie avec la moitié des infos…

Bon, il faut vous préciser que la petite Mélanie n’était pas à son coup d’essai de ‘boulettes’ mais que je n’en avais pas encore fait les frais moi-même…

Vous l’aurez compris, je suis tombée dans le piège du sauveur…
Comment aurais-je pu faire pour l’éviter ? Le voir venir, bien sûr, et ensuite…

Allez, on se rejoue la scène en plus ‘décontrastée’ (clin d’œil à Garcimore!) et responsabilisante (il y aurait différents scénarios bien sûr !)

«     – Allo ? Oui c’est maman ; que se passe-t-il ? Calme-toi, respire, je ne comprends pas ce que tu dis… Allez tu inspires, tu expires…Si tu m’appelles, c’est que c’est grave : je t’écoute… 

       – C’est la panique, Mélanie a oublié son déjeuner dans le frigo ! On n’a plus le droit de téléphoner dans 5 minutes ; je …

       – Chérie, je te coupe : ce n’est donc pas une urgence. Passe-moi rapidement Mélanie !

       – Mélanie ? J’ai compris que tu n’avais donc pas à manger ce midi. Je suis chez un client et ne pourrai être là à temps. Comment comptes-tu faire ? Qui peut t’aider au collège ou  à l’extérieur ? Au pire, que peut-il se passer ?

        – ….»

Il y a tant de situations dans le quotidien, au bureau ou dans la vie courante, par exemple, où l’on cherche à bien faire en trouvant des solutions à la place des autres, en volant leur responsabilité et en le faisant tellement vite…

A méditer…

Si vous voulez plus d’info sur le triangle dramatique et ses petits jeux, cliquez ici sur le 1er article (sur 3) très court sur le sujet…

https://tremplin-rh.com/triangle-dramatique-arretez-de-jouer-13/

 

Un grand sage de mon environnement (ma mère !) m’a dit, quand je lui ai raconté l’événement : « et puis, sauter un repas ça n’a jamais tué personne ! » Ah oui, vu comme ça…

 

Sylvie PREVOST

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