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Koh Lanta, management collectif et management de soi…(2/2)

Dans un précédent article, je faisais le parallèle entre l’émission de téléréalité et la vie en entreprise, en mettant en avant les enseignements sur la dimension individuelle.

Ici, je vous propose de regarder ce que ce jeu nous révèle de la dimension collective pour mieux comprendre ce qui se passe dans les entreprises.

 

D’un point de vue collectif

L’autre grand enseignement de cette émission touche plus à la dimension collective et nous apporte son lot d’enseignement sur la dynamique de groupe.

La logique du jeu :

Environ 20 aventuriers qui ne se connaissent pas sont placés aléatoirement dans 2 équipes distinctes.
Un capitaine est nommé et une couleur leur est attribuée.
Dès les premiers instants à l’arrivée au camp, une forme d’appartenance se créé : les rouges se soudent autour d’un objectif commun : vaincre les jaunes.

Et très rapidement, en parallèle, les regards suspicieux se portent sur les candidats de sa propre équipe : qui est un danger potentiel à l’atteinte de mes objectifs individuels ?
Ces équipes vont devoir s’affronter entre elle dans une logique de compétition. Mais la compétition règne aussi au sein du groupe.

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Pourquoi les blancs ne seront jamais une équipe ?

A l’étape de la réunification, 2 phénomènes viennent se confronter :

Les résidus d’esprit d’appartenance

Les participants ont vécu des situations fortes en émotion au sein de leur groupe.
En fonction du vécu, cette émotion provoque chez eux un phénomène de fidélité au groupe initial, ou de rejet, mais rarement neutre.
Il y a aussi les alliances créées lors de la phase de jeu inter-équipe.

Renier son équipe peut alors nuire à l’avancée personnelle, et fragilisant cette alliance.

L’intérêt individuel :

Les épreuves apportent confort ou immunité au seul vainqueur, et les participants se battent l’un contre l’autre au moment des épreuves.
Ces épreuves créent des déceptions, mais aussi révèle les alliances et les affinités parfois masquées par un discours.
Cela repose la question du management par objectif individuel, privilégiant la compétition entre commerciaux par exemple, sous prétexte de stimulation.

J’accompagnais dernièrement une entreprise dans le cadre d’un rachat.
Ce phénomène Koh Lanta ressort souvent dans ces contextes, entre les anciens d’une enseigne et les anciens de l’autre.
S’ils sont censés travailler ensemble à l’atteinte d’un objectif commun, ils n’en restent pas moins fidèles à leur ancienne enseigne, ancien dirigeant (même s’il était critiqué avant). La crainte de voir son poste remplacé, la frustration d’avoir son environnement modifié, le sentiment de ne plus être chez eux, amènent des jeux individuels.

Quelques solutions testées : réussir sa fusion d’entreprise

Pour décrypter ces phénomènes de groupe, je vous invite à visiter cet article :
Koh Lanta : analyse d’une sociologie de groupe. 

Extrait de l’article :

Mise en place de tentatives pour réduire le conflit entre groupes. Trois méthodes ont été testées :

1 – Contact lors de situations agréables et non compétitives.
Le bilan est négatif : les deux anciens groupes s’installent de façon séparée et l’animosité ne cesse pas.

2 – Participation à un objectif commun dont l’atteinte dépend des efforts communs.
Une diminution du conflit est constatée ainsi qu’une redistribution des rôles. Cela ne dure toutefois que le temps de la réalisation de l’objectif et pour qu’une nouvelle entité groupale émerge, il faudrait que les objectifs communs soient répétés de nombreuses fois.

3 – Réunion face à un troisième groupe pris comme adversaire commun.
Risque de créer trois conflits au lieu d’un seul, mais si les deux groupes parviennent à s’unir, il est possible que ce soit de manière définitive. Dans Koh Lanta, les situations non compétitives après réunification (repas, bronzette, baignade…) ne réduisent pas l’appartenance à l’équipe de base. Les objectifs communs non plus, bien qu’ils tendent à améliorer les relations. Par exemple, si untel doit sa victoire à tel autre de l’autre équipe, une amitié pourrait naître, malgré l’appartenance aux groupes.

Ce troisième point corrobore l’idée du bouc émissaire, reprise dans cet article : “Comment développer la cohésion de vos équipes en lisant Asterix”

Maintenant, à vous de jouer… sauriez vous faire de vos équipes de meilleurs aventuriers ?!?

 

 

 

Crédit image : « Jean Louis Théodore Géricault – La Balsa de la Medusa (Museo del Louvre, 1818-19) »
par Inconnu. Sous licence Domaine public via Wikimedia Commons.

1 comment

  1. Xolali

    Bonjour Eric,

    Merci pour cette 2ème partie.
    “Les résidus d’esprit a’appartenance”. C’est une chose naturelle qui intervient dans ce genre de situation. Que l’on soit “bon ou mauvais”, cela revient automatiquement et permet de se sentir en sécurité lorsque l’on doit faire face à une nouveauté.
    Quant à l’intérêt individuel, je n’ai pas grand-chose à ajouter car ton explication et l’analogie avec le monde de l’entreprise est très juste.

    Xolali (Holali)

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