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Dictature et management (1/2)

Tremplin RH - Dictature et management (1/2)

Avez vous déjà ressenti ce malaise en regardant un film : celui d’être horrifié par ce que vous voyez, non pas parce que c’est particulièrement violent, mais parce que ça pourrait être en partie vrai, parce que vous savez que ce que vous regardez, c’est la réalité qui est relatée.

C’est ce que j’ai ressenti en découvrant ce film : “Die Welle”, “La vague”

 L’histoire en Synthèse :

L’histoire se situe dans l’Allemagne actuelle.

Un professeur est chargé de faire cours sur l’autocratie, dont l’une des formes la plus connue est la dictature.
Dans cette école, les jeunes allemands sont bien sûr sensibilisés, de par l’histoire de leur pays, aux pièges de ce type de gouvernance.

Plutôt que de faire des cours théoriques, le professeur va leur proposer de vivre une expérience.
En une semaine, la classe devient un groupe un, le groupe devient un mouvement, le mouvement se répand, pour atteindre plus de 200 partisans au bout des 7 Jours.
Exclusion, ségrégation, baston … s’installe dérive la, la situation dérape.

Fiction me direz vous?

Si seulement!
Cette histoire est tirée d’un roman, lui même inspiré d’une histoire vraie.
Celle d’un professeur américain, Ron Jones, qui réalise cette expérience dans les années 70.

En moins d’une semaine, parti d’un cours, c’est un véritable mouvement qui nait, un mouvement aux relents fascistes.

Je vous invite à découvrir les témoignages des protagonistes de l’époque, marqués à vie par cette aventure.
Cela dure près d’une heure, asseyez-vous, et apprêtez vous à être décoiffés: on ne voit pas le temps passer.

Les clés de l’implication

Vous me direz peut-être que cela ne peut pas arriver! Que les mécanismes sont trop complexes pour que cela puisse se commanditer.

Là où j’ai été interpellé, c’est qu’au contraire, ils sont d’une simplicité folle.
Le reportage, comme le film, décryptent en fait 3 leviers autour d’un homme.
Reprenons le cours de notre film. voici le cocktail de qui amène à ce résultat.

 

Un chef de file, une figure centrale

Il émerge dans un contexte social défavorable:

  • De l’injustice sociale,
  • Un taux de chômage élevé,
  • Le dégoût envers les politiques,
  • Une période de doute,
  • Etc

Bref, Il faut qu’il y ait de la frustration. Le besoin d’un sauveur, d’un Guide, apparait alors.
Dans ce contexte, on recherche une personne qui inspire le respect et la confiance.

Pour cela, le leader adopte des comportements qui induisent eux-même le respect.
Dans le film, cela passe par le vouvoiement, la sévérité. Il fait régner l’ordre sans complaisance.

Ce sont ces attitudes que vont adopter nos deux professeurs: le réel et le virtuel.

La Force par la discipline

C’est la première clé sur laquelle notre professeur s’appuie. Il instaure des règles et les fait respecter.
Ainsi, il faut désormais l’appeler M. Wenger et non plus Reiner (son prénom)

Puis il rajoute:

  • “Vous ne parlez que si je vous donne la parole
  • Vous vous levez quand vous souhaitez vous exprimer,
  • Vous vous redressez sur vos chaises, plus de dos avachis,
  • Lorsque vous parlez, vous faites des phrases courtes … “

Et une chaque fois qu’il fait respecter ces règles, il insiste sur leurs bienfaits: “Vous voyez les bénéfices ? ”

Il instaure des règles strictes, ne fait aucun passe droit, et leur donne du sens.

Il a aussi la capacité d’exclure un élément perturbateur. Que ce soit celui qui ne veut pas suivre son cours, ou celui qui ne veut pas jouer le jeu.
C’est l’un des moyens de faire accepter ses règles, d’asseoir son autorité en faisant un exemple.

Dans l’expérience américaine, Ron Jones ira jusqu’à demander aux élèves de se dénoncer les uns les autres si ce non respect va au delà de la salle de classe.
Une forme de terreur s’installe.

La Force par la Communauté

Dictature-et-management-la-vagueLà aussi, plutôt que la théorie, l’exercice a un intérêt fédérateur. Il propose de faire la preuve par l’exemple:

Faire des exercices tous ensemble :

On fait un exercice de respiration en collectif et on partage un moment de bien être, un espace privilégié.

Le 1-2, 1-2 : les élèves sont invités à taper des pieds en rythme, comme un groupe marcherait au pas. Jusqu’à déranger la classe du dessous.
Cela génère chez ses élèves de l’enthousiasme, de la fierté, même si cela embête la classe du dessous. SURTOUT si ça embête d’ailleurs… car cela permet d’être connus, voire reconnus.

Des signes de reconnaissance visibles :

Autant d’éléments qui sont introduits dans l’exercice: la chemise blanche comme signe de reconnaissance, un salut en forme de vague, un nom, un emblème  …

On retrouve ces pratiques de salut et/ou de reconnaissance dans bien d’autres milieux.
C’est par exemple, l’équipe de basket qui se salut en faisant un ” double check “, la tenue en entreprise, le pins en argent pour ceux qui ont plus de 10 ans dans l’entreprise et qui se reconnaissent entre eux, formant alors une caste dans la caste…

L’entraide :

Le professeur crée des binômes pour s’entraider.

Chaque élève a la responsabilité d’aider son voisin, car ” c’est ensemble que vous y arriverez… “. ” Vous êtes plus forts ensemble, la réussite de chacun dépend de tous ”

Cette solidarité s’étend d’elle même en dehors de la salle de classe.
Quand l’un d’entre eux à des ennuis avec un groupe adverse, les autres viennent le soutenir.

Petit à petit, l’ensemble de ces éléments soude le groupe, créé un premier noyau.
A l’image des planètes, le noyau a un effet attractif sur les autres élèves qui viennent grossir les rangs.

 

La Force par l’Action

Tout cela constitue une première base, mais pour faire quoi, pour réaliser quoi. Cela se situe tout en haut de la pyramide de Maslow.

– Que chacun ait une part dans l’action (création du logo par les élèves, choix du nom en collectif, création de profil internet, création d’autocollants…).
– S’impliquer dans un projet commun, faire des choses ensemble est un fondamental.
– D’ailleurs, à défaut d’actions fixées par le leader, le groupe s’en détermine.
– Dans notre film, ils se donnent pour mission d’aller taguer toute la ville de leur emblème, de recruter de nouveaux membres, de faire des chemises, etc.

Ce qui est frappant ici, c’est que finalement, ce qui semble primordial, n’est en fait que secondaire. Il n’y a pas de projet, d’idéologie prônée par le leader.
Ce sont les élèves qui s’en constituent une, créant entre autre l’exclusion de ceux qui refusent le mouvement, qui refusent de porter la chemise blanche, allant jusqu’à se battre pour faire reconnaître leur groupe, s’appropriant le club de sport.

Dans l’expérience américaine, c’est le club de moto qui s’autoproclame service de sécurité.

Mais alors, quels parallèles avec le management?????

Suite au Prochain Numéro

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