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Triangle dramatique : arrêtez de jouer (3/3) : PAE et triangle

Résumé des épisodes précédents.

Nous avons eu l’occasion d’aborder le triangle dramatique et les jeux psychologiques, puis de prendre un peu de hauteur autour de ce concept de l’analyse transactionnelle qu’est le PAE  : parent, Adulte, Enfant.

Mais quels liens y-a-t-il entre ces différents concepts  ?

 L’impact sur nos postures du triangle dramatique

Eric Berne, en identifiant ces 3 états, nous dit bien que nous avons des 3 en nous (ou plutôt des 6 si l’on prend des déclinaisons).

Nous communiquons donc en fonction de ces états qui se côtoient, en fonction de notre humeur du jour, mais aussi de tendances que nous avons en nous.

Si nous regardons donc nos relations avec les autres, que se passe-t-il  ?

Pour continuer à vulgariser, imaginons que nous communiquions en fonction de ces 3 registres  :

  •     Les faits (l’adulte),
  •     Les opinions (le parent),
  •     Les émotions (l’enfant).

Tant que 2 individus communiquent sur le même registre, il y a peu de jeux psychologiques qui se mettent en place. En effet, chacun tient une position, un   avis, et la propose à l’autre. C’est l’émotion communicative, le débat d’opinion, l’échange d’idées.

Chacun peut y trouver sa place.

Là où les choses se compliquent, c’est dans ce que l’analyse transactionnelle appelle les transactions croisées.

Je ne rentrerai pas ici dans le détail, mais je voulais juste faire le lien avec les rôles que nous jouons dans notre triangle dramatique  : victime, sauveur, persécuteur.

Un peu brouillon peut-être, mais voici un schéma qui illustre le lien entre ces états du moi et les rôles du triangle dramatique que nous endossons en fonction de nos préférences.

PAE-et-triangle

On trouvera ainsi le manager qui utilise la peur, avec ses collaborateurs, car il a peur de décevoir son patron.

Ou celui qui défendra son équipe face à une hiérarchie qu’il trouve trop dure, celui qui ne délèguera pas de peur de surcharger, etc.

Dans ces deux cas de figure, il ne   leur permettra pas de se développer, les prendra en charge…

Ces jeux se mettent en place dans toutes nos relations du quotidien. C’est là qu’interviennent les jeux psychologiques détaillés un peu plus dans le premier article de la série.

 

Sortir du triangle  

Jusque-là, nous avons abordé le constat.

Mais que faire alors  ?

Déjà, pour jouer, il faut être 2 au moins (parfois plus).

Ce qui veut dire que nous avons un part de responsabilité dans ce jeu.

Nous en sommes parfois à l’initiative, parfois, nous y sommes confrontés.

Eviter de mettre en place des jeux soi-même

Eric Berne nous dit en substance que si nous mettons en place des jeux, c’est en partie pour combler un manque en signe de reconnaissance, de stroke.

Or, nous avons des moyens sains et conscients de répondre à ce besoin, et donc d’éviter de tomber dans ces rôles. C’est en cela qu’il nous dit que nous sommes tous responsables de notre manque en signe de reconnaissance.

C’est là également qu’intervient le triangle bénéfique  : Puissance / Protection / Permission, que nous avons abordé dans les slides du premier article.

jouer-de-sSortir des jeux des autres

Pour sortir des jeux de l’autre, la première étape, c’est de les identifier.

La deuxième, c’est de refuser d’y entrer, ou d’en sortir le plus vite possible.

Comment  ?

Je vous propose quelques pistes de réflexion.

Face à une victime  :

Face à la plainte,

Lui demander précisément quelle est sa demande,

Lui demander en quoi vous pouvez l’aider, et clarifier tout de suite ce qui est de votre responsabilité ou non, ce qui est faisable ou pas.

La questionner pour lui demander ce qui est sous son contrôle, ce qui ne l’est pas, et ce qu’elle pourrait faire pour agir.

Face à un persécuteur

En cas de tentative de culpabilisation du type «  c’est toi qui m’a entrainé là dedans, c’est à toi de m’en sortir  !  ».

Rappelons-nous, le «  parent  » communique beaucoup sur le registre de l’opinion. Vous avez le droit d’avoir une opinion différente.

Pour éviter d’entrer dans le débat, vous pouvez utiliser la technique de l’édredon  : «  c’est ton opinion  », «  je ne suis pas d’accord, mais tu as le droit de le penser  ».

Les techniques de gestion de l’objection marchent bien, mais mériteraient un article à elles seules.

 Face à un sauveur

Le remercier pour son aide, mais lui préciser que vous préférez vous débrouiller seul.

Lui dire que vos erreurs, vos échecs, vous aident aussi à progresser, et que vous avez besoin de faire votre propre expérience.

Vous pouvez également négocier avec lui la limite de son aide. L’idée, ce n’est pas de rejeter toute aide, simplement de ne pas être étouffé, tomber dans un jeu malsain.

«  Je te remercie pour ta proposition, ce qui m’aiderait, c’est que tu me secondes sur cette partie-là, et que je puisse m’occuper de celle ci seul(e)».

 

Que retenir de tout ça  ?

Nous jouons tous, inconsciemment.
Ces jeux nous permettent de créer de l’interaction, et donc des strokes, des signes de reconnaissance. Ils permettent d’exister au regard de l’autre, de se positionner.

Mais au travers de ces jeux, nous ne pouvons pas maitriser la nature des retours que nous obtenons en conséquence.

Jouer, c’est dans la nature humaine, même si cela nous dessert parfois.

Et ce n’est pas la lecture de quelques lignes d’article qui nous empêchera de le faire.

Par contre, cela peut nous permettre d’identifier plus rapidement ce triangle dramatique, et donc, d’en sortir plus rapidement.

Et comme nous jouons inconsciemment, il est toujours plus facile de les identifier chez les autres que chez soi.

C’est un formidable outil d’accompagnement, une grille de lecture permettant un questionnement pertinent lors de séances de coaching, de bilan de compétences, ou dans des situations de management.

Alors à vous de jouer!!!  

Crédit image: (c) 123RF.com

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